L’année a été particulièrement rude pour quiconque cherche à renouveler son smartphone sans y laisser un rein. On assiste à une envolée tarifaire délirante sur des gammes qui, par le passé, étaient de véritables valeurs refuges. Il n’y a qu’à voir les étiquettes du récent Samsung Galaxy A57 ou même du Xiaomi 17T pour réaliser que l’époque des milieux de gamme abordables a sacrément pris du plomb dans l’aile. Pourtant, l’espoir d’une échappatoire à cette avalanche de terminaux hors de prix vient paradoxalement du même géant chinois. Historiquement, Xiaomi et ses multiples ramifications ont toujours su jouer les trouble-fêtes en balançant des fiches techniques musclées à des prix agressifs.
Le Poco F5 comme cas d’école
Pour bien saisir la mécanique de cette stratégie, il suffit de se pencher sur le cas de Poco, une marque qui a pris son indépendance de la maison mère en 2020 pour tisser sa propre toile. Prenez le Poco F5 classique. Lors de sa sortie, la presse tech et les geeks de la première heure n’avaient d’yeux que pour la déclinaison Pro, reléguant presque ce modèle standard au rang d’appareil de seconde zone. Grave erreur d’appréciation. Sous ses airs de déjà-vu et son châssis très largement inspiré des autres téléphones du groupe, ce smartphone méconnu cachait un véritable monstre d’optimisation destiné aux traqueurs de bons plans.
Vendu sous la barre psychologique des 500 euros — comptez 429,90 euros pour la version 8 Go de RAM et 479,90 euros pour celle embarquant 12 Go —, il embarquait tout simplement ce qui se faisait de mieux pour son segment : un processeur Snapdragon 7+ Gen 2, 256 Go de stockage interne et une superbe dalle AMOLED 120 Hz de 6,67 pouces. Une légèreté redoutable en main avec seulement 181 grammes sur la balance, la présence quasi anachronique d’une prise mini-jack, et un écran certifié Dolby Vision et HDR 10+ en faisaient une affaire en or.
Évidemment, à ce prix-là, la marque a dû faire quelques concessions. Le Poco F5 faisait l’impasse sur la certification d’étanchéité et le port microSD. Son dos en plastique s’avérait être un véritable aimant à traces de doigts, et on pouvait légitimement pester contre la puissance de charge plafonnée à 67W pour alimenter la grosse batterie de 5 000 mAh. Côté photo, si le capteur principal de 64 Mpx (f/1,79) tenait la route, l’ultra grand-angle de 8 Mpx à 119° et l’inutile module macro de 2 Mpx avaient tendance à cracher des clichés un peu pâlichons. Rajoutez à cela un OS (Android 13 sous MIUI 14) bardé de bloatwares, et le tableau n’était pas parfait. Mais il incarnait une philosophie claire : ne pas réinventer la roue, mais bourrer l’appareil de composants fiables pour séduire un public jeune et exigeant.
Les fiches techniques sous stéroïdes de la relève
C’est très exactement cet ADN qui semble piloter la prochaine grosse offensive de la marque avec la série Redmi Note 17. D’après les récentes fuites lâchées par le tipster Smart Pikachu sur GizChina, ces nouveaux modèles ont tout pour nous sauver de la surenchère ambiante de cette année 2026. On y retrouve un écran plat d’une définition de 1.5K sur toute la gamme et, nouveauté majeure par rapport aux errances du Poco F5, une véritable résistance à l’eau non spécifiée est enfin au programme.
Là où le constructeur compte frapper un grand coup, c’est sur le duo autonomie et puissance brute. Le Redmi Note 17 standard s’appuiera sur le tout nouveau SoC Snapdragon 6 Gen 5, adossé à un module photo principal de 50 Mpx et une batterie franchement colossale de 9 000 mAh. Sa variante Pro pousse le vice encore plus loin en venant chasser sur les terres des flagships : une puce MediaTek Dimensity 7500, un capteur principal délirant de 200 Mpx et un accumulateur massif de 10 000 mAh. Des chiffres qui donnent le tournis pour une gamme censée rester accessible.
Si la génération des Note 15 de l’année dernière ne nous avait pas totalement transcendés, elle avait au moins le mérite de poser d’excellentes bases — de superbes dalles et une autonomie increvable — pour des tarifs contenus oscillant entre 250 et 350 livres sterling. La grande inconnue reste maintenant de savoir si Xiaomi réussira à maintenir cette grille tarifaire ultra-compétitive lors du lancement chinois prévu en juillet pour ses Note 17. Rien n’a encore filtré sur le déploiement global ni sur d’éventuelles coupes techniques pour nos marchés occidentaux. Mais si ces briques d’autonomie débarquent chez nous sans faire exploser la facture, le marché de la téléphonie pourrait bien prendre un virage salutaire.